Ce que coûte vraiment un déplacement
Le réflexe est de ne compter que le carburant, et c’est la plus petite partie de la facture. Un trajet use la voiture, l’assurance, les pneus, et il immobilise une plage de votre journée pendant laquelle vous ne pouvez rien faire d’autre.
Ajoutez ce que la route ne montre pas : le temps de trouver une place, de monter avec le matériel, de s’installer puis de ranger. Sur une prestation courte, ces minutes pèsent parfois autant que le geste lui-même.
Faites le calcul une fois sur un mois réel, avec vos kilomètres et vos heures de route. Le chiffre qui en sort est votre coût de déplacement moyen, et c’est lui qui sert de base à la règle que vous allez choisir.
Trois façons de le faire payer
Le forfait unique est le plus lisible : un même supplément quelle que soit l’adresse, dans une zone donnée. Il est facile à annoncer, mais il fait payer trop cher le voisin et pas assez celui qui habite au bout de votre secteur.
Les zones règlent ce défaut sans compliquer la lecture. Un premier cercle sans supplément, un second avec un supplément modeste, un troisième plus cher, et au-delà vous ne vous déplacez pas. Les clients comprennent tout de suite dans quel cercle ils tombent.
Le prix au kilomètre est le plus juste et le moins pratique. Il oblige à mesurer chaque trajet, il donne des sommes à la décimale près, et le client ne peut pas savoir à l’avance ce qu’il paiera. On le réserve plutôt aux déplacements exceptionnels, hors de vos zones habituelles.
Le minimum de prestation, l’autre moitié de la règle
Une prestation de vingt minutes à trente minutes de route n’est rentable que si quelqu’un paie la route. Plutôt que d’alourdir le supplément, beaucoup fixent un minimum : en dessous d’un certain prix de prestation, le déplacement est facturé, au-dessus il est offert.
Cette règle a un effet secondaire utile. Elle pousse à grouper deux prestations dans le même rendez-vous, ou deux personnes du même foyer, ce qui remplit votre journée sans ajouter un kilomètre.
L’annoncer avant le rendez-vous, pas après
Le client doit connaître le prix complet avant que la prestation ait lieu, frais de déplacement compris : c’est une obligation d’information sur les prix, et c’est surtout ce qui évite la discussion sur le pas de la porte.
Écrivez votre règle là où le client la lit avant de réserver : sur votre page, dans votre catalogue, dans le message de confirmation. Une phrase suffit, par exemple « Déplacement offert dans un rayon de dix kilomètres, supplément au-delà ».
Si vous changez de règle, appliquez-la aux rendez-vous pris après le changement. Modifier le prix d’un rendez-vous déjà convenu est la façon la plus sûre de perdre quelqu’un.
Savoir dire non à une adresse
Fixer une limite fait partie de la règle. Une adresse trop éloignée vous coûte une demi-journée pour une seule prestation, et le supplément que vous oseriez demander ne la paiera pas.
Un rayon clair, annoncé d’emblée, vous évite d’avoir à refuser au cas par cas. Ceux qui sont dehors le savent avant de vous écrire, et ceux qui sont dedans savent que vous viendrez.
